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Rss Autour du Hohneck

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Historique du Hohneck




Au pied du Hohneck le barrage de Schiessrothried et au fond à gauche le Petit Ballon



Situation et Aspect

Le Hohneck, d’une altitude de 1363m est un belvédère incomparable, admirablement situé au cœur des Hautes-Vosges au milieu de ses ramifications.

Appelé autrefois le Haut de Chaulmes ou le Grand-Haut par les Lorrains et le Hohen Eck par les Alsaciens, il domine les nombreux sommets qui l’entourent. Dépassant seulement d’une douzaine de mètres son voisin méridional, le Kastelberg, il est flanqué de deux cirques glaciaires grandioses des plus sauvages, comprenant le Frankenthal au nord avec sa tourbière et les falaises de la Martinswald et les rochers d’escalades, et le vallon de la Wormsa au sud avec les Spitzköpfe, longue arrête rocheuse avec ses sept groupes principaux de pics et d’aiguilles dentelées de granit. Entre les Spitzköpfe et le Petit Hohneck est blotti au fonds du vallon le pittoresque Lac du Schiessrothried.

Le Hohneck se confond dans la continuité de la ligne de faîte du massif vosgien partageant les eaux entre le bassin du Rhin et celui de la Moselle. Il constitue aussi une borne marquante séparant les départements du Haut-Rhin et des Vosges. C’est au 10e siècle que la frontière linguistique se fixa sur la crête. De nombreux cours d’eaux importants prennent naissance tout près du sommet, dont la Meurthe, la Vologne, la Moselotte, la Fecht.

La crête principale, jalonnée par les bornes en granit de l’ancienne frontière de 1871, s’abaisse au Nord vers le col de la Schlucht (1139m) par le Falimont (1306m) et le Montabey (1246m) et se continue au Sud par le Kastelberg (1350m) et la chaume du Firtmiss (1207m). Puis la faîte devient très étroite, dominant les lacs de l’Altenweiher et de Blanchemer, et remonte au sommet du Rainkopf (1304m).

Du Rainkopf part la crête principale des Vosges, toujours marquée par les bornes de l’ancienne frontière d’états. Elle continue jusqu’au Ballon d’Alsace, tandis qu’une autre chaîne de hauts sommets bifurque vers l’Est, dominant toute la vallée de la Thur : Rothenbachkopf, Batteriekopf, Breitfirst (1280m), Marksteinkopf (1241m), Storkenkopf (1364m), Grand-Ballon (1424m).

Partant du Breitfirst, une autre chaîne respectable se dirige vers le Nord-Est : Klintzkopf (1330m), Langenfeldkopf (1290m), Hilsenfirst (1274m), Petit Ballon dit aussi Kahler Wasen (1272m).

A l’Est du Hohneck, au col du Schaeferthal (1228), se détache une chaîne latérale par le Petit Hohneck (1289m), le Gaschneykopf (1085m) pour mourir aux portes de Munster.

Dominant le site du Wormspel et le Lac du Schiesrothried, une longue arrête rocheuse dentelée, les Spitzköpfe, avec 7 groupes de pieds verticaux principaux quitte au Sud-Est le sentier des Névés (Scwalbennester) et s’avance jusqu’au Fischboedle vers le débouché de la Wormsa dans la grande vallée de la Fecht.

Au Sud-Ouest, un contrefort du Hohneck dénommé Tête d’Artimont (1228m) pousse vers La Bresse.



Au Haut-Chitelet, près du Haut Falimont, la vue plonge vers les Lacs de Retournemer et de Longemer. Un chaînon aboutit à Gérardmer.



Les lacs glaciaires avaient été aménagés en réservoir d’eau par la construction de barrages dans les deux hautes vallées de la Fecht. Ainsi ont été créés en dessous du Hohneck sur le versant alsacien : en 1980 le lac du Schiessrothried à 920 m d’altitude avec 5,6 ha ; en 1890 également, le lac d’Altenweiher à 930m d’altitude avec 7,7 ha ; en 1850 l’étang du Fischboedle. Le seul site intact qui n’a pas fait l’objet d’une tentative d’aménagement en réservoir est l’étang noir du Frankenthal au pied de la Martinswald. D’autres lacs ont été aménagés sur le versant vosgien : le lac de Retournemer, le lac de Longemer, le lac de Blanchemer et le lac de la Lande.

La Chaume Sommitale

Le sommet du Hohneck a la forme d’un triangle isolé très allongé, partagé entre les Communes de la Bresse, Metzeral et Stosswihr dont leurs territoires se rencontrent là où la borne en granit numérotée 2858 marque le point le plus élevé de l’ancienne frontière d’avant 1918.

Le sommet, sans cesse battu par un vent violent où alternent le brouillard et le soleil, s’élève au dessus d’une zone forestière sous forme d’un dôme gazonné d’un côté, tombant en escarpement rocheux de l’autre. Il est recouvert d’une lande de plantes basses et rampantes, dominées par les myrtilles, les airelles et la bruyère d’où émergent les grandes gentianes jaunes très robustes, entrecoupées par des buissons d’alisier et de sorbier des oiseaux.

Le Hohneck est un paradis pour les botanistes et un émerveillement pour le touriste. La flore exceptionnelle qui tapisse les cirques glaciaires de part et d’autre du sommet n’a nulle part ailleurs dans les Vosges plus d’activité qu’en ces lieux.

La dénudation du sommet du Hohneck est d’origine naturelle et ne résulte pas du fait des hommes. En effet, il est difficile qu’une végétation forestière ait jamais pu exister en raison de la violence extrême des vents océaniques qui viennent frapper de plein fouet les cols du Falimont et des Hauts du Wormspel. La situation confère à notre montagne des caractères climatiques anormalement rudes que l’on retrouve dans d’autres massifs montagneux vers 2000m d’altitude.
Le terme chaume n’apparaît qu’à partir du 16e siècle et seulement sur le versant lorrain. Une chaume pouvait contenir plusieurs gazons (Wasen) qui étaient des parties de la chaume complètement déboisées, recouvertes de pâturages. Les termes Wasen sont restés en usage du côté alsacien, tel que : Kastelbergwasen, Schmelzwasen, Kahler Wasen, etc…
Les alsaciens utilisent aussi le terme First ou Virst pour désigner les pâturages les plus hauts situés à cheval sur la ligne des crêtes, comme les Hohen Firsten (Hautes Chaumes), Firtmiss, Breitfirst, Hilsenfirst.

Les chaumes du massif du Hohneck étaient exploitées à partir du 7e siècle par les monastères après l’expansion du christianisme dans les vallées vosgiennes. L’abbaye de Munster a été un centre religieux et agricole qui a mis en valeur, par défrichement des terres boisées, le Val de Saint-Grégoire dit Val de Munster.

La population alsacienne créa de nouveaux pâturages jusque vers le Hohneck et même par delà la crête sur le versant lorrain où elle installa quelques pacages d’automne et des réserves d’hiver. C’est pourquoi les chaumes du versant occidental, occupées par des pasteurs alsaciens, portent aujourd’hui encore des noms d’origine alémanique tel que : Ferschmuss (Firstmiss), Breitsouze (breites Haus), Schmargult (Schmalgürtel), Chitelet (Schluchtle), Ventron (Winterung), Cornimont (Hornberg), Saulxures (Sashür).

Munster et les proches localités ne formèrent pendant des siècles qu’une seule communauté qui dépendait plus ou moins de l’abbaye et dont les biens restèrent après la Révolution indivis entre les habitants du Val. Les chaumes restèrent donc jusqu’au 19e siècle des biens communaux (Allemand). Le droit de jouissance des communaux se transmettaient de père en fils contre une redevance en argent (Waldzins) pour les bêtes allant pâturer au-delà de la crête, en Lorraine.
Le Hohneck, malgré les escarpements rocheux de son versant oriental, a été occupé en été par les pasteurs de la vallée de Munster. Les marcaires (Melker) édifièrent leurs huttes et leurs gîtes sur les pentes plus douces s’abaissant vers la Lorraine pour pousser leur bétail sur la chaume sommitale du Hohneck qui produisait une herbe abondante et nourrissante.

Tourisme

Longtemps les hommes refusèrent à escalader les pentes du Hohneck pour leur plaisir. Les premiers visiteurs furent, outre les pâtres, les colporteurs et les contrebandiers, les officiers du Duché de Lorraine et les fonctionnaires du Val de Munster. Le massif avait d’ailleurs mauvaise réputation et les accidents mortels étaient fréquents.
Avant la révolution le trafic de sel, employé en grande quantité dans la fabrication du fromage, y était prospère ; après 1870, c’était le tabac qui passait ici la frontière en fraude.

Le Hohneck reçu la visite de la famille ducale lorraine. Vers 1552, la Régente Christine de Danemark, veuve du Duc de Lorraine François 1er décédé en 1545, accompagnée de son beau-frère Nicolas, Comte de Vaudemont, gravit les flancs de la montagne. Son Altesse s’étant reposée près de la source de la Moselotte, celle-ci reçu le nom de « Fontaine de la Duchesse ». D’autres personnalités, des botanistes, des naturalistes, des historiens, avaient fait l’ascension du Hohneck.

Malgré les relations suivies entre les deux versants, les voies de communication étaient restées jusqu’au début du 19e siècle ce qu’elles avaient été au Moyen-Age, des sentiers tracés par le bétail. Un chemin muletier menait de Munster vers La Bresse et Gérardmer par le Gaschney, le Schiessroth, le Hohneck et le Collet. Particulièrement exposé aux éboulements entre le Schiessroth et le Schaeferthal sur 800m, il fut restauré en 1830 et élargi à 2 mètres.

La route de la Schlucht est l’œuvre de Frédéric Hartmann, industriel et conseiller général de Munster. Il prit en 1842 l’initiative de la construction, de ses propres moyens, du tronçon supérieur de la chaussée de l’Altenberg jusqu’au col. Les travaux durèrent quatre ans. La partie de route entre l’Altenberg et Soultzeren, financée par le Département du Haut-Rhin, fut commencée en 1847. Les travaux routiers vers Gérardmer ne débutèrent qu’en septembre 1858 après l’intervention personnelle de Napoléon III que Frédéric Hartmann avait invité à Munster lors d’une cure qu’il fit à Plombières. Les travaux furent terminés en 1869.

Avec l’ouverture entière de la route de la Schlucht après 27 années d’effort, l’hôtellerie s’est implantée au Col de la Schlucht. Le Hohneck resta relativement peu fréquenté jusqu’en 1870. De gros efforts furent alors entrepris pour attirer et recevoir les visiteurs. Point culminant d’une frontière d’Etats, le Hohneck, curiosité géographique et historique, attira les touristes de l’Europe toute entière. Ils venaient aussi de la Vieille France et de l’Alsace pour se rencontrer. Les conditions climatiques trop rudes n’étaient toutefois pas requises pour un hébergement des touristes au sommet qui restera jusqu’au début du 20e siècle le domaine réservé aux troupeaux de vaches.

L’Hôtel du Sommet



Philippe Bernez de Saint Léonard a exploité deux étés successifs un petit restaurant presque au sommet dans les années 1900/1901. Il voulait passer l’hiver dans cette habitation qui n’était toutefois pas prévue pour affronter le rude climat de montagne. La foudre tomba sur la construction, qui ne prit heureusement pas feu, lors d’une violente tempête de neige le 10 décembre 1901. Toute la famille plus ou moins brûlée perdit connaissance. Quand le mari revint à lui, il chercha secours avec son chien à la Schlucht, après une marche des plus pénibles. Les secours avaient été devancés par le garde Parmentier de Retournemer, accompagné de bûcherons qui avaient pu atteindre la petite auberge dans la nuit par un temps épouvantable.

Un deuxième hôtel fut construit au sommet sur la partie française à 5m de l’ancienne frontière. Inauguré le 14 juillet 1914, il fut détruit pendant la guerre de 1914/1918. Les deux hôtels furent remplacés par un hôtel unique plus petit et surtout moins agressif dans le paysage.

Le Tramway du Hohneck


En cliquant sur le lien ci-dessous vous pouvez télécharger et visionner des photos d'époque qui proviennent d'internet.
Les tramways de la Schlucht (powerpoint)


Un tramway électrique prolongeant le tramway à vapeur de Gérardmer à Retournemer datant de 1898 a été mis en place entre Retournemer et la Schlucht avec un embranchement sur le Hohneck en 1904. Il monta au col de la Schlucht à une altitude de 1139m en 1H15’ après un trajet de 18 km depuis le lac de Retournemer. L’aiguillage pour le Hohneck se trouvait à 1 km en amont du Collet. Le tramway passait par le col du Falimont en terrain dégagé. Le terminus se trouvait à quelques cents mètres du sommet. Une petite construction fit officine de gare. Cet édifice en ruine s’écroula au cours de l’hiver 1987/1988. Le tracé de la voie est encore facilement reconnaissable sur la pente du Hohneck vers le Collet où il longe, en forêt, la route.

Un train électrique de Munster à la Schlucht a également été mis en place avant 1914. L’exploitation débuta le 13 mai 1907 avec un horaire de cinq allers et retours en une heure de trajet. La voie était entrecoupée par un tronçon à crémaillère de la Saegmatt à l’hôtel de l’Altenberg de 2,8 km avec une déclivité atteignant 22 %, en double courbe formant un grand « S » inversé pour déboucher sur la route à 1050m d’altitude. D’ici le tramway continuait sur la route jusqu’au col, libéré de la crémaillère, distant de 10,9 km de Munster.

Avec les possibilités de monter au Hohneck en tramway, l’envahissement de la crête en été, est devenu tel, que le sommet fut délaissé par le vrai tourisme, obligé de fuir devant la foule des gens encombrants. L’exploitation du tramway Gérardmer/Hohneck, interrompue en 1923 à la suite d’un accident ferroviaire, fut définitivement arrêté en 1930.

La Réhabilitation du Hohneck

Le Hohneck est un site particulièrement attractif, accessible en voiture. Une table d’orientation a été implantée près du sommet en 1887. Une vue extraordinaire s’offre aux visiteurs sur les cirques glacières, les Hautes Chaumes, la chaîne des Vosges, la plaine d’Alsace, la Forêt-Noire et, par beau temps, les Alpes.

Le Club-Vosgien a accompli un formidable travail pour faciliter l’accès au Hohneck par sa face escarpée et rocheuse, en jalonnant les cheminements qui menaient sur la crête. Il aménagea des sentiers touristiques et forestiers, réalisant des travaux spectaculaires par la création de trois sentiers à caractère alpestre, l’un en 1907 reliant le Frankenthal au Gaschney par le sentier du Bloy à travers la forêt vierge des pentes abruptes et rocheuses du Grand et Petit Hohneck. Un second en 1911, le Sentier des Roches reliant le Frankenthal à la Schlucht. Un troisième reliant le lac du Schiessrothried au Kastelberg par le Kerbholz. A également été aménagé en 1909, un sentier pittoresque par la pente escarpée et rocheuse du Schluchtkessel, reliant l’Altenberg à Baerenbach par les Hirschsteine.

La foule des visiteurs en auto, qui s’offre une promenade au sommet est la moins respectueuse du site, à coté des vététistes et des cavaliers. Au non respect des sentiers s’ajoutent la pollution par des déchets laissé sur place. Le tapis végétal a été tellement détérioré, d’une part par l’érosion, d’autre part par l’indiscipline des hommes, qu’il était urgent de réhabiliter le site du Hohneck particulièrement érodé. D’importants travaux ont permis de stopper le processus de dégradation, et de « revégétaliser » les zones dénudées et ravinées. Un nouveau sentier a été tracé sur 484m, fractionné en 18 tronçons répertoriés par des piquets, avec un profil de pente de 3-4 %. Deux points de vue ont été installés. Un drainage efficace des eaux a été mis en place. Le fameux sentier des Névés plus que centenaire a également été réhabilité de telle sorte que l’aspect paysager du site Sommet du Hohneck-Col du Wormspel a changé. Une réhabilitation Sommet-Schaeferthal est aussi en vue.

 
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Ecrit par: Webmaster Le: 06/02/11