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Rss Autour du Hohneck

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Le Hohneck durant les guerres



La guerre de 1870 / 1871

En 1870, après les défaites de l’armée française dans le Nord de l’Alsace, les Hautes-Vosges furent parcourues par de compagnies de gardes mobiles qui creusèrent des tranchées de défense au sommet du Hohneck. Le tunnel de la Schlucht n’ayant pas été détruit, les Prussiens franchirent sans difficultés le col de la Schlucht le 23 octobre 1870.

Par le traité de paix du 10 mai 1871 le Hohneck fut coupé en deux par la frontière d’états courant sur la crête des Vosges, matérialisée par des bornes de granit numérotées. Une large bande de 4m fut créée en 1890 par déboisement pour mieux délimiter la frontière.

Mais les liens qui unissaient les populations des deux versants ne furent pas rompus et les marcaires alsaciens continuèrent comme par le passé à exploiter les hautes pâtures situées sur le territoire français.

La guerre de 1914 / 1918

Le Hohneck a été un point stratégique du front français durant la première guerre mondiale de 1914/1918. De par sa situation, il permettait de surveiller les mouvements de troupes de l’adversaire.

A la déclaration de guerre du 3 août 1914, le secteur du col de la Schlucht et du Hohneck était occupé par des éléments de la 81e brigade d’infanterie, dont le 15-2 et les 5e et 15e bataillons de chasseurs à pieds, renforcés par des troupes alpines qui lancèrent deux colonnes vers Munster, l’une par la route de la Schlucht, l’autre par le Hohneck et le Gaschney. Les espoirs prématurés qu’avait fait naître l’avance française en Alsace durant les premières semaines de guerre furent brutalement anéantis par la défaite de Morhange le 20 août 1914 et par le repli des troupes françaises vers le Nord. L’armée d’Alsace se retira progressivement vers la ligne de crête et se contenta avec l’occupation des vallées de la Thur et de la Doller et de quelques villages au fond de la vallée de la Fecht. Après l’abandon de Munster, les Français s’accrochèrent sur les hauteurs de la vallée de la Fecht.

Les Allemands n’entreprirent qu’une seule fois, le 12 février 1915, une grande offensive en direction du Hohneck pour arriver sur la ligne des crêtes occupée par la 47e division française, du Rainkopf au col de Bonhomme. Du Rainkopf au Grand-Ballon-Hartmannswillerkopf, la crête était défendue par la 66e division. Le Landsturm Wurtembergeois appuyé par des troupes bavaroises passèrent à l’attaque sur une ligne allant du Hohrodberg au Hilsenfirst. Dans la grande vallée de la Fecht, ils poussèrent une pointe vers le Rainkopf, point névralgique du front français. L’offensive allemande fut repoussée au prix de lourdes pertes. En mars, les Allemands progressèrent dans la vallée de la Wormsa vers le Hohneck et occupèrent la pente Est du Rainkopf. Ils installèrent un poste de surveillance au Schiessroth.

Les Français ont lancé une opération de grande envergure ayant pour but la conquête du Petit-Ballon. Ils avaient amené à cet effet des renforts importants, mais durent faire face à de sérieuses difficultés causée par l’éloignement de leurs bases, l’altitude et l’absence de routes. Des convois muletiers ravitaillaient le front en matériel, munitions et vivres.. La ligne de tramway Gérardmer-Hohneck fut rouverte au trafic et permit de hisser au Hohneck des canons courts de 155 et de 220. Une route fut ouverte depuis la Schlucht vers le Tanet et doublée d’une voie ferrée étroite pour le ravitaillement, et bientôt le Tanet abrita toute l’artillerie lourde du secteur du Hohneck. Un observatoire d’artillerie accessible par un boyau couvert fut également installé dans les rochers du Petit-Hohneck. Le poste de commandement des observations d’artillerie se trouvait au Grand Hohneck.

Des unités de la Landwehr bavaroise tentèrent une dernière fois de percer le front du Hohneck le 1er mars 1915. Ils s’avancèrent jusqu’au Sattel et s’emparèrent du Reichsackerkopf au dessus de Stosswihr. La contre-attaque française échoua. La grande offensive française fut déclenchée le 17 avril 1915. Le 3e bataillon de chasseurs territoriaux s’empara de la ferme du Kastelberg et de l’auberge du Schiessrothried. Les allemands durent abandonner Mittlach qui fut approvisionné à partir de ce moment par les Français par dessus la crête des Vosges.

En préparation d’une deuxième offensive française, la 66e division qui avait établi son PC au Schnepfenried, fit aménager une nouvelle route d’accès au front en raccordant des chemins forestiers entre Kruth et Mittlach par le col du Herenberg et le Breitfirst. Ainsi l’artillerie lourde de 220 en batterie dans le secteur du Hohneck a pu être amenée par Gérardmer au front de Mittlach. Alors commença également la construction de la Route des Crêtes. Les hauteurs dominant les deux rives de la Grande Fecht furent attaquées par les Français du 15 au 22 juin 1915, Metzeral fut conquis le 21 juin 1915.

En vue du ravitaillement des troupes françaises occupant le fond des 2 vallées de la Fecht, un câble aérien fut installé entre Retournemer et Mittlach. Le matériel et les munitions ont été transportés depuis Gérardmer par le tramway à vapeur à Retournemer devant la gare du téléphérique. Les bennes qui montaient au Hohneck traversaient les sommets dans un tunnel taillé dans le roc où était installée une station électrique. La sortie du tunnel était munie d’une porte blindée camouflée qu’on ouvrait la nuit pour laisser passer les bennes. Elles descendaient ensuite la pente opposée pour atteindre 340m plus bas les bords du lac de Schiessrothried. De là partait le câble qui par le vallon de la Wormsa allait aboutir un peu avant Mittlach.

Le village de Mittlach était aussi relié en 1916 au Holzplatz de Kruth par un téléphérique passant par le Hahnenbrunnen et le Pfuhlwasen.

Une nouvelle route fut aménagée depuis le col du Bramont jusqu’à la Route des Crêtes par les troupes américaines, dont une division vint occuper le secteur en renfort le 15 octobre 1918. Pour ce qui est de la route de la Schlucht, elle fut souvent bombardée. Le 8 mai 1915, 30 obus de 420 tirés par une grosse pièce circulant sur la voie ferrée Colmar-Munster, détruisirent le mur de soutènement à la sortie aval du tunnel.

Le Hohneck continua à servir de sommet fortifié et d’observatoire à l’artillerie française jusqu’à la fin de la guerre. L’hôtel au sommet, inauguré le 14 juillet 1914, touché par 10 obus de gros calibre, tomba en ruines.

La guerre de 1939 / 1945

La 7e armée allemande attaqua sur le Rhin dans la nuit du 14 au 15 juin 1940 et occupa Colmar le 18 juin 1940. La 104e division d’infanterie de forteresse décrocha vers les Vosges en livrant des combats de retardement. Les troupes françaises se retirèrent sur le col de la Schlucht et le Hohneck. La 239.ID allemande entra dans la vallée de la Thur le 18 juin 1940. Avec l’entrée des blindés de Guderian à Belfort le 19 juin, l’encerclement des troupes françaises était scellé. La bataille qui se déroula dans les Hautes-Vosges fut celle de l’agonie des armées françaises de l’Est. Le col de la Schlucht fut atteint par les Allemands le 20 juin. Le soir, nos troupes évacuèrent le Hohneck défendu par une batterie de 75 et se replièrent sur le Rainkopf. Après avoir résisté pendant 10 heures à 4 charges, elles dévalèrent sur La Bresse où le Général Laure signa l’acte de reddition le 22 juin. Ce qui resta de la 7e armée française fut fait prisonnier. Le commandant français ordonna le cessez-le-feu le 25 juin 1940.

Les Allemands procédèrent d’office à l’annexion de l’Alsace et rétablirent l’ancienne frontière d’avant 1919. Les communications furent interrompues entre les 2 versants vosgiens que séparait une zone interdite à la population. Des unités spéciales (Grentzschutzpolizei) assistées de SS et de membres de la Gestapo occupèrent les chalets du massif avec leurs chiens dressés dans un chenil installé au refuge du Gaerstlesrain. Le massif constituait un lieu de passage clandestin de prisonniers évadés et de réfractaires.

Des maquis se formèrent dans les Hautes Vosges en 1944. La bataille des Vosges fut engagée le 25 septembre 1944 par la Brigade Alsace-Lorraine de André Malraux aux cotés des tabors marocains.

Le 30 novembre 1944 le 269.IR allemand se retira à travers une épaisse couche de neige sur les hauteurs dominant la vallée de la Thur avec son front vers l’Ouest, du Falimont au Hohneck, Kastelberg, Rothenbachkopf, Herrenberg, forêt de Kruth, Griebkopf, Gomm, forêt d’Oderen, Altenbach-Neuhouse. L’hiver était le plus froid depuis 35 ans.

Le 3 décembre 1944, le régiment de FFI « Franche Comté » passait à l’assaut du Hohneck occupé par une vingtaine de soldats allemands. « L’escadron Jura » attaqua en pleine tempête de neige l’Hôtel du Belvédère occupé par deux observateurs et un poste de garde et disposant d’un canon d’infanterie. Les deux petites constructions situées non loin de l’hôtel qui avaient été transformées en Bunkers étaient occupées par des grenadiers allemands en avant-postes. Ils furent capturés avec les observateurs pendant qu’à l’hôtel, vingt soldats allemands jouaient aux cartes. Une cinquantaine de FFI entourèrent et mitraillèrent l’hôtel. Les Allemands réussirent à s’échapper dans le brouillard et la tempête de neige. Le commandant de la 269.ID tenta 4 heures plus tard de reconquérir le sommet en partant du Kastelberg. Ils furent refoulés. Le 11 décembre 1944, une troupe commandée par le Hauptmann Köck passa à l’attaque du sommet. A l’intérieur de l’hôtel, le 1ère cp. du Capitaine Lartigau s’est bien défendue, obligeant les Allemands à se retirer. Ces derniers campèrent en plein air, enterrés dans la neige, tandis que les Français restèrent sans nourriture, sans eau et sans munitions. Les Allemands proposèrent la capitulation le12 décembre, laquelle fut rejetée. Après un bombardement intense, les défenseurs du Hohneck rejetèrent de nouveaux assauts. Le 14 décembre, avant le lever du jour, des pionniers allemands firent exploser les murs de la ruine. Le Capitaine Lartigau se rendit avec ses soldats aux Allemands qui firent 120 prisonniers dont 23 blessés. 40 étaient morts au combat. Les Allemands n’auraient eu que 4 morts et 30 blessés. Le Hauptmann Köck obtint pour ce fait d’armes la croix de chevalier (Ritterkreutz). Un petit monument rappelle la défense héroïque des Français au sommet du Hohneck.

Le 2 février 1945 le général allemand Rasp ordonna le retrait du front de montagne vers Colmar des 500 hommes du 75e Régiment de Grenadiers. La ville de Colmar fut libérée le 2 février 1945, alors que la 10e division d’infanterie du général Billotte qui avait conquis le Hohneck et la Schlucht s’apprêtait à descendre sur Munster.

Les débris de l’armée allemande s’échappèrent par le col du Firstplan et le pont de Chalampé au-delà du Rhin.


Monument en mémoire des tirailleurs tunisiens au Hohneck




 
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Ecrit par: Webmaster Le: 06/02/11