Le Ballon d'Alsace

Caractéristiques :

Magnifique parcours facile
Circuit court : environ 4 Km
Circuit long : environ 8 Km
Temps de marche : environ 2h pour le circuit long
Dénivelé : environ 75 m pour circuit court,
environ 200 m pour circuit long
Bonnes chaussures conseillées


Un jour de sentier, huit jours de santé. Malheureusement, dans la vie de nos jours, la plupart des hommes stressés et pressés ignorent ce dicton et feraient bien de l’appliquer. Cette sortie montagnarde au Ballon d’Alsace est peu fatigante, de faible dénivellation et avec départ en altitude. Les plaisirs de la marche qui nous fait découvrir les beautés de la nature, stimuleront notre esprit de réceptivité et de sensibilité et procureront à la joie l’apparence de l’avoir méritée par un effort personnel.

2001 - Léon NATTER



Descriptif de l'itinéraire :



Départ au parking du Monument des Démineurs, altitude 1175m. Nous prenons la route D465 jusqu’à la ferme-auberge du Ballon qui est à quelques minutes. Le sentier de grande randonnée GR5 (carré rouge) monte à gauche de la ferme. C’est un large chemin nouvellement aménagé avec du concassé, dénommé « Sentier de Découvertes ». Il fait le tour de la calotte du sommet et comporte dix tables de lecture et d’orientation. Deux bornes d’information en granit marquent l’entrée du chemin. Bien mis en jambes, nous nous y engageons pour aller à la découverte et nous enivré du plaisir de la vue, le Ballon d’Alsace étant la plus riche et la plus curieuse des montagnes des Vosges, tant par ce que la nature y a fait que par ce que les hommes y ont ajouté. Elle recèle de riches filons argentifères et en moindre nature du cuivre, du plomb, du cobalt, du zinc, d’arsenic et même d’uranium.
La première borne en granit avec sa table d’orientation est à 100m. Quelques mètres plus loin il y a lieu de faire le choix entre une montée douce par le chemin ou une montée directe à la Vierge par un sentier à notre droite, assez raide et comportant 130 marches. Nous choisissons la montée douce et arrivons en 20mn à la table d’orientation à 1247 m d’altitude. Le vaste panorama qui se déroule devant nos yeux est absolument fantastique et semble avoir été créé pour la joie du touriste. Entouré de Sommets, c’est certainement l’un des plus beaux points de vue des Vosges.
Nous rejoignons la Vierge, 200m à notre droite, pour longer la corniche de la calotte du sommet, en direction de la statue de Jeanne d’Arc. Nous rencontrons successivement bornes sur bornes avec leurs tables de lecture et d’orientation panoramique et une série de banc de repos. Les panoramas grandioses changent tous les vingt pas. A nos pieds, au bord du sentier, la vue plonge sur la vallée de la Doller avec le Lac de Sewen, puis sur le hameau des Charbonniers et peu après sur St Maurice, Fresse sur Moselle et le Thillot. Aux pentes abruptes et rocailleuses succèdent les douces inclinaisons boisées. Les vastes étendues d’un vert tendre sont parsemées de point rouge qui sont les maisons des villages et des hameaux. Les tintements des clarines des troupeaux qui remontent du bas emplissent nos cœur et nous font rêver. Au loin, la vue s’étend depuis le Jura aux Vosges du Sud et aux Hautes Vosges d’où émerge le Grand Ballon avec ses 1424m d’altitude. A l’est de la Plaine d’Alsace se dressent, comme un mur les Alpes depuis le Säntis jusqu’au Mont Blanc, bien visibles par beau temps, et la Forêt Noire tout proche. Coté ouest, les Vosges s’étendent en Lorraine, et en Franche-Comté dans le Territoire de Belfort et les Départements des Vosges et de la Haute-Saône. Je ne décompte pas la durée de la marche autours du Ballon, la lecture des tables sur les bornes et la visualisation des monts et des vallées nous prenant pas mal de temps.
La calotte contournée, nous arrivons à la statue de Jeanne d’Arc d’où la vue plonge sur St. Maurice et la vallée de la Moselle avec le Ballon de Servance à leur gauche, altitude 1216m.
La descente au Monument des Démineurs est effectuée en un petit quart d’heure. Nous auront mis environ deux heures pour cette randonnée facile et courte. S’il fait beau, les nombreux arrêts pour la lecture des bornes, la visualisation des panoramas, et la flânerie nous aurons bien rempli la matinée.
Quand aux mordus de la marche, ils pourront rajouter au parcours une rallonge d’une bonne heure, sur un sentier tordu par endroit, dont voici l’itinéraire.

RALLONGE

Dans le dos de la statue de la Jeanne d’Arc descend en 20mn un sentier (disque rouge) au centre de vacances de la Jumenterie, à travers une hêtraie tourmentée, aux sujets rabougris par les vents, la neige et les pluies. A la Jumenterie, nous descendons la route sur une centaine de mètres. Avant le virage, face au Ballon de Servance, nous entrons à notre gauche dans le pré et suivons le sentier (anneau bleu) qui passe à coté du chalet du centre hippique. Nous rapprochant de la bordure de la forêt, nous la suivons vers la gauche où nous trouvons un indicateur. Nous prenons le chemin (anneau bleu) qui part du coin du pré pour rejoindre plus bas la route D465. Nous aurons mis 20mn depuis la Jumenterie. En contre-bas de la route passe un chemin forestier dans lequel nous nous engageons sur notre gauche. Il se divise après une dizaine de mètres. Nous prenons le chemin inférieur (anneau bleu) qui part à notre droite, dénommé « Sentier Henri Colas », sinueux et sauvage. Reprenant de la hauteur, le chemin se transforme après 20mn en un sentier caillouteux, étroit et tortueux, sautillant par endroits entre des arbres moussus. La marche en silence dans la profondeur des bois est impressionnante et s’éternise pendant 45m. Arrivé au carrefour, côte 1128, nous tirons vers la mi-gauche et quittons le chemin un peu plus haut pour suivre à droite le sentier (anneau bleu). Peu après, encore un carrefour que nous traversons droit devant. A la fourche qui suit, nous prenons à notre gauche le sentier (triangle rouge) qui monte en un quart d’heure au parking du Monument des Démineurs.


Présentation





Le BALLON D’ALSACE, altitude 1247m, est le sommet le plus méridional des Vosges du Sud. Il fait partie de la chaîne qui compose l’échine principale du massif vosgien. Bastion extrême, il domine la trouée de Belfort, face au Jura. D’un aspect sauvage et difficilement accessible en dehors des routes aménagées depuis la guerre 1914/18, il fait barrage aux nuages venant de l’ouest. Serti d’un climat inhospitalier, il est caractérisé par des brouillards nombreux, des hivers rigoureux et des vents violents. La partie sommitale est une vaste croupe dénudée qui dresse ses falaises et dévale ses éboulis dans le cirque glacière du Lac d’Alfeld. La vue depuis cette partie est des plus grandiose, certainement une des plus belle des Vosges.
La roche granitique du Massif date de l’ère primaire (-330 millions d’années). Le relief a été façonné par les glaciers du quaternaire, disparus il y a 10000 à 12000 ans. Des cirques glaciaires abritent le Lac d’Alfeld suivi par le lac de verrou de Sewen, le Lac des Perches (Sternsee) et les Neuweiher. Lacs, rivières, torrents et cascades alimentent la nappe phréatique d’une eau de très bonne qualité.

Historique



Le BALLON D’ALSACE, dénommé en allemand « Welscher Belchen », tient un rôle primordial dans le triangle des Ballons (Belchendreieck).Les trois montagnes portant le nom de BELCHEN, à savoir le Ballon d’Alsace, le Belchen Badois et le Belchen Jurassien, auxquelles il y a lieu d’ajouter le Grand Ballon (Grosser Belchen) et le Petit Ballon (Kleiner Belchen dénommé aussi « Kahler Wasen »), sont les points de repère d’un système d’orientation astronomique observables, venant des peuplades celtes, pour identifier leurs principales saisons et fêtes. Ainsi, vu du ballon d’Alsace, le soleil se lève aux solstices d’été et d’hiver et aux équinoxes de printemps et d’automne, comme suit :
o Solstices d’été 21/24 juin : au-dessus du Petit Ballon
o Solstices d’hiver 21/24 décembre : au-dessus du Belchen Juras
o Equinoxes de printemps 21/22 mars : au-dessus du Belchen Badois
o Equinoxes d’automne 21/23 septembre : au-dessus du Belchen Badois
o Début mai : au-dessus du Grand Ballon
Les Celtes occupaient les vallées vers 800 avant J-Ch., comme l’atteste la toponymie, tel : Doller (Olruna), Moselle (Obrinca), Vosges (Voue Guesus, c.à.d. montagne de bœufs sauvages). Ultérieurement, les Romains, colonisateurs de la région, ont évité d’ouvrir le massif du ballon à la circulation.
Les vallées et les chaumes ne sont réellement exploités qu’à partir du 9ème siècle par les moines solitaires et les bergers, d’où les pâturages du Oberalfeld, Boedelen, Langenberg, Wissgruth, Kratz (Gresson) Bärenbach, Isenbach, Wasserfall (reboisé depuis 1930), Neuberg, Rundkopf, Gustihütte. L’Archiduc Fernand d’Autriche dut éditer une réglementation pour mettre fin aux abus du déboisement, tout en interdisant la création de nouveaux pâturages. Lors de la guerre de 30 Ans, l’activité pastorale des Hautes Chaumes est abandonnée puis reprise après le traité de Westphalie en 1648. Les chaumes appartenaient alors aux abbayes de Masevaux et de Murbach. Elles sont confisquées par l’Etat lors de la Révolution par décret du 02.11.1789 et vendues aux enchères à partir de 1791. Une partie des forêts devient plus tard propriété de communes de l’ancienne seigneuries de Rosemont. Beaucoup de chaumes ont été abandonnées depuis ou reboisées. Une activité nouvelle c’est alors développée : le tourisme. Du coté vosgien, le pâturage avait également pris une telle ampleur qu’en 1775 la chaume de la Jumenterie et du Ballon de Servance furent délimitées par des bornes marquées de la Croix de Lorraine précisant la limite de défrichement.
Parallèlement suivait l’exploitation de la forêt par les bûcherons, charbonniers, ramasseurs de miel, de petits fruits et d’écorce. L’exploitation de mines sur les flancs du Ballon remonte au 14ème siècle et favorisa également le déboisement. L’immigration massive de mineurs saxons et autrichiens est encouragée par l’administration autrichienne dont l’Alsace fit partie.

ROUTES :
Le Ballon d’Alsace ne fut longtemps traversé que par des sentiers menant aux chaumes aux pentes abruptes. Une route reliant le Puy-gy, alors dans le Haut-Rhin, à Saint-Maurice dans les Vosges, fut ouverte sous Louis XV en 1763. Elle resta longtemps le seul moyen pour accéder au Ballon d’Alsace en voiture. La guerre 1914/18 est à l’origine de deux routes. L’une relie Sewen à Giromagny par les Cols du Hirzelach et de Rierverscement et n’est plus utilisée de nos jours. L’autre ouverte en 1917, relie Sewen au Plain de la Gentiane par le Lac d’Alfeld. En 1969 est ouverte une route touristique depuis Sewen par le col du Hirzelach et le Grand Langenberg. Elle double la route militaire ouverte en 1917 et rattachée au réseau civil en 1922. L’inabordable Ballon d’ Alsace par l’Alsace est ainsi vaincu.
Il est intéressant de noter qu’après la deuxième guerre mondiale un décret du 29.06.1961 annonce une politique d’aide à la montagne. Nos élus envisagèrent alors la possibilité de créer une route des crêtes reliant la chaîne du Grand-Ballon aux Vosges Méridionales. Il aurait suffi de rallonger la route Joffre, qui relie la Vallée de la Thur à Masevaux par le Col du Hundsrücken en créant un boulevard de circulation surélevé doublant la route de la vallée D466 et empruntant le tracé des chemins menant au Schimmel, Lachtelweiher, Lochberg, Col du Hirzelach, pour rejoindre le Plain de la Gentiane. Une route construite durant la guerre de 1914/18 relie les vallées de la Thur et de la Doller par le Col de Rimbach près du Belacker à 940m d’altitude. Le réaménagement de ce chemin ni de celui reliant la Vallée de la Doller à celle de la Moselle par le Col des Charbonniers à 1115m d’altitude n’a jamais été effectué. La prolongation de la Route des Crêtes est déconseillée par le schéma d’orientation et d’aménagement du Massif vosgien mis à l’étude par le Gouvernement fin 1973. Il limite en même temps la zone constructible à une altitude de 900m.

INFRASTRUCTURE ET TOURISME
Quatre départements et trois provinces se rejoignent au Ballon d’Alsace. L’ancienne frontière née des vicissitudes de l’histoire, a séparé les populations établies de part et d’autre de son tracé. Les limites territoriales, qui sont en contradiction avec la situation naturelle de la région, constituent des facteurs de rupture et ont empêché un développement économique et culturel du Ballon d’Alsace. La situation particulièrement complexe de ce réduit montagneux a fait qu’elle opposait les pouvoirs locaux. Chaque administration intervenait en ses limites territoriales sans s’occuper du territoire voisin.
Ne disposant initialement d’aucun plan d’ensemble, le Ballon d’Alsace fut équipé hâtivement. Pour limiter et contrôler l’accaparation par des particuliers des meilleurs sites propices aux activités de détente et de loisirs, un plan d’urbanisme de la zone touristique du Ballon a été constitué par un arrêter interministériel de 1963, modifié en 1968. Un autre arrêté de 1971approuve la création d’un syndicat pour l’aménagement touristique et sportif et entérina le plan d’urbanisme qu’une société d’Economie mixte devait mettre en œuvre. Un syndicat mixte Interdépartementale du Ballon d’Alsace, dénommé SMIBA, avec siège à Belfort, a été créé et autorisé par un arrêté du Ministre de l’Intérieur en 1971. Le Syndicat gère un territoire aux limites plus géographiques qu’administratives, ne se substituant ni aux communes, ni a l’Etat. Il regroupe les Conseils Généraux du Territoire de Belfort et du Haut-Rhin, les Chambres du Commerces de Mulhouse et de Belfort et les Communes tout proches. Le SMIBA a acheté en 1980 la chaume sommitale avec la Ferme-Auberge de55ha., de la famille MARRET, héritière de SAGLIO, banquier d’origine Strasbourgeoise. Il a enfin pu réaliser son plan d’aménagement et la sauvegarde du Ballon. Le SMIBA a ouvert en 1983 le chalet d’accueil (gîte d’étape) avec restaurant au pied de la Tête de le Redoute et réhabilité la ferme-auberge transformée en un complexe agricole, touristique et pédagogique.
Le sommet du Ballon d’Alsace a été classé fin 1979 en « Grand Site National » par le Comité Interministériel pour la Qualité de la Vie. Le Ballon ne disposant alors d’aucune protection juridique, a été classé trois ans plus tard en zone protégée par décret du 05.07.1982. Elle s’étend sur 2800ha sur le faîte, ses versants boisés et les trois vallées de la Thur, de la Doller et de la Moselle.
L’activité touristique au Ballon est très intense. L’Hôtel du Sommet, le Restaurant des Démineurs, la Ferme-Auberge, les chalets d’accueil, l’auberge de jeunesse et les magasins souvenir offrent des possibilité de séjour.

LA JUMENTERIE
Henri II, Duc de Lorraine, a monté six étés durant sa jumenterie ducale au Ballon d’Alsace où il a créé un élevage de chevaux à l’endroit dénommé « La Jumenterie », en allemand « Rossboden ». Après la mort du Duc, la Jumenterie devint marcairie et aujourd’hui Centre de Vacances.

MONUMENTS
Non loin de la ferme-auberge du Ballon d’Alsace a été élevé en 1952 le Monument des Démineurs à la mémoire des 600 victimes du déminage. Il est l’œuvre du sculpteur parisien Joseph Rivière. De l’autre coté de la route, un musée de mines, bombes et armes contemporaines a été mis en place en annexe du Restaurant des Démineurs par Gaston Sevrin, un ancien démineur. Ces réalisations rappellent la Libération du Ballon d’Alsace du 25.11.1944 par une unité de la Légion Etrangère, favorisé par le brouillard.
Le SMIBA a aménagé depuis la route deux larges sentiers en concassé qui conduisent au sommet, en remplacement des chemins ravinés par les visiteurs et la pluie, maintenant comblés.
Sur la partie ouest de la calotte du sommet dénudé est élevée, grâce à la générosité de Mr. Marchal, industriel à St. Amé (Vosges), une statue équestre de Jeanne d’Arc qui surplombe la Vallée de la Moselle. Elle a été érigée en symbole de la France à l’Alsace perdue par la guerre de 1870/71. La statue fut inauguré le 19 septembre 1909 en présence de milliers d’alsaciens, belfortains et vosgiens avec le concours de plusieurs musiques de Masevaux, de Giromagny et Niedermorschwihr. A l’opposé, se dresse à l’Est une statue isolé de la vierge qui nous rappelle les dangers de la montagne. Les intempéries et le vent l’ont dégradée et les traits de son visage semblent exprimer de la douleur. Le fermier du Ballon, Joseph Grisward, s’était perdu dans une tempête de neige en 1860 et fit le vœu de faire élever une statue à la Vierge s’il sortait vivant de la terrible épreuve. Sauvé, il réalisa son vœu . Au sommet du Ballon, a 1247m d’altitude, est érigée en fonte une table d’orientation mise en place par le Club Alpin français en1888.

Plan des circuits





Vidéo du Ballon d'Alsace



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