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Rss Le Ballon d'Alsace

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Historique



Le BALLON D’ALSACE, dénommé en allemand « Welscher Belchen », tient un rôle primordial dans le triangle des Ballons (Belchendreieck).Les trois montagnes portant le nom de BELCHEN, à savoir le Ballon d’Alsace, le Belchen Badois et le Belchen Jurassien, auxquelles il y a lieu d’ajouter le Grand Ballon (Grosser Belchen) et le Petit Ballon (Kleiner Belchen dénommé aussi « Kahler Wasen »), sont les points de repère d’un système d’orientation astronomique observables, venant des peuplades celtes, pour identifier leurs principales saisons et fêtes. Ainsi, vu du ballon d’Alsace, le soleil se lève aux solstices d’été et d’hiver et aux équinoxes de printemps et d’automne, comme suit :
o Solstices d’été 21/24 juin : au-dessus du Petit Ballon
o Solstices d’hiver 21/24 décembre : au-dessus du Belchen Juras
o Equinoxes de printemps 21/22 mars : au-dessus du Belchen Badois
o Equinoxes d’automne 21/23 septembre : au-dessus du Belchen Badois
o Début mai : au-dessus du Grand Ballon
Les Celtes occupaient les vallées vers 800 avant J-Ch., comme l’atteste la toponymie, tel : Doller (Olruna), Moselle (Obrinca), Vosges (Voue Guesus, c.à.d. montagne de bœufs sauvages). Ultérieurement, les Romains, colonisateurs de la région, ont évité d’ouvrir le massif du ballon à la circulation.
Les vallées et les chaumes ne sont réellement exploités qu’à partir du 9ème siècle par les moines solitaires et les bergers, d’où les pâturages du Oberalfeld, Boedelen, Langenberg, Wissgruth, Kratz (Gresson) Bärenbach, Isenbach, Wasserfall (reboisé depuis 1930), Neuberg, Rundkopf, Gustihütte. L’Archiduc Fernand d’Autriche dut éditer une réglementation pour mettre fin aux abus du déboisement, tout en interdisant la création de nouveaux pâturages. Lors de la guerre de 30 Ans, l’activité pastorale des Hautes Chaumes est abandonnée puis reprise après le traité de Westphalie en 1648. Les chaumes appartenaient alors aux abbayes de Masevaux et de Murbach. Elles sont confisquées par l’Etat lors de la Révolution par décret du 02.11.1789 et vendues aux enchères à partir de 1791. Une partie des forêts devient plus tard propriété de communes de l’ancienne seigneuries de Rosemont. Beaucoup de chaumes ont été abandonnées depuis ou reboisées. Une activité nouvelle c’est alors développée : le tourisme. Du coté vosgien, le pâturage avait également pris une telle ampleur qu’en 1775 la chaume de la Jumenterie et du Ballon de Servance furent délimitées par des bornes marquées de la Croix de Lorraine précisant la limite de défrichement.
Parallèlement suivait l’exploitation de la forêt par les bûcherons, charbonniers, ramasseurs de miel, de petits fruits et d’écorce. L’exploitation de mines sur les flancs du Ballon remonte au 14ème siècle et favorisa également le déboisement. L’immigration massive de mineurs saxons et autrichiens est encouragée par l’administration autrichienne dont l’Alsace fit partie.

ROUTES :
Le Ballon d’Alsace ne fut longtemps traversé que par des sentiers menant aux chaumes aux pentes abruptes. Une route reliant le Puy-gy, alors dans le Haut-Rhin, à Saint-Maurice dans les Vosges, fut ouverte sous Louis XV en 1763. Elle resta longtemps le seul moyen pour accéder au Ballon d’Alsace en voiture. La guerre 1914/18 est à l’origine de deux routes. L’une relie Sewen à Giromagny par les Cols du Hirzelach et de Rierverscement et n’est plus utilisée de nos jours. L’autre ouverte en 1917, relie Sewen au Plain de la Gentiane par le Lac d’Alfeld. En 1969 est ouverte une route touristique depuis Sewen par le col du Hirzelach et le Grand Langenberg. Elle double la route militaire ouverte en 1917 et rattachée au réseau civil en 1922. L’inabordable Ballon d’ Alsace par l’Alsace est ainsi vaincu.
Il est intéressant de noter qu’après la deuxième guerre mondiale un décret du 29.06.1961 annonce une politique d’aide à la montagne. Nos élus envisagèrent alors la possibilité de créer une route des crêtes reliant la chaîne du Grand-Ballon aux Vosges Méridionales. Il aurait suffi de rallonger la route Joffre, qui relie la Vallée de la Thur à Masevaux par le Col du Hundsrücken en créant un boulevard de circulation surélevé doublant la route de la vallée D466 et empruntant le tracé des chemins menant au Schimmel, Lachtelweiher, Lochberg, Col du Hirzelach, pour rejoindre le Plain de la Gentiane. Une route construite durant la guerre de 1914/18 relie les vallées de la Thur et de la Doller par le Col de Rimbach près du Belacker à 940m d’altitude. Le réaménagement de ce chemin ni de celui reliant la Vallée de la Doller à celle de la Moselle par le Col des Charbonniers à 1115m d’altitude n’a jamais été effectué. La prolongation de la Route des Crêtes est déconseillée par le schéma d’orientation et d’aménagement du Massif vosgien mis à l’étude par le Gouvernement fin 1973. Il limite en même temps la zone constructible à une altitude de 900m.

INFRASTRUCTURE ET TOURISME
Quatre départements et trois provinces se rejoignent au Ballon d’Alsace. L’ancienne frontière née des vicissitudes de l’histoire, a séparé les populations établies de part et d’autre de son tracé. Les limites territoriales, qui sont en contradiction avec la situation naturelle de la région, constituent des facteurs de rupture et ont empêché un développement économique et culturel du Ballon d’Alsace. La situation particulièrement complexe de ce réduit montagneux a fait qu’elle opposait les pouvoirs locaux. Chaque administration intervenait en ses limites territoriales sans s’occuper du territoire voisin.
Ne disposant initialement d’aucun plan d’ensemble, le Ballon d’Alsace fut équipé hâtivement. Pour limiter et contrôler l’accaparation par des particuliers des meilleurs sites propices aux activités de détente et de loisirs, un plan d’urbanisme de la zone touristique du Ballon a été constitué par un arrêter interministériel de 1963, modifié en 1968. Un autre arrêté de 1971approuve la création d’un syndicat pour l’aménagement touristique et sportif et entérina le plan d’urbanisme qu’une société d’Economie mixte devait mettre en œuvre. Un syndicat mixte Interdépartementale du Ballon d’Alsace, dénommé SMIBA, avec siège à Belfort, a été créé et autorisé par un arrêté du Ministre de l’Intérieur en 1971. Le Syndicat gère un territoire aux limites plus géographiques qu’administratives, ne se substituant ni aux communes, ni a l’Etat. Il regroupe les Conseils Généraux du Territoire de Belfort et du Haut-Rhin, les Chambres du Commerces de Mulhouse et de Belfort et les Communes tout proches. Le SMIBA a acheté en 1980 la chaume sommitale avec la Ferme-Auberge de55ha., de la famille MARRET, héritière de SAGLIO, banquier d’origine Strasbourgeoise. Il a enfin pu réaliser son plan d’aménagement et la sauvegarde du Ballon. Le SMIBA a ouvert en 1983 le chalet d’accueil (gîte d’étape) avec restaurant au pied de la Tête de le Redoute et réhabilité la ferme-auberge transformée en un complexe agricole, touristique et pédagogique.
Le sommet du Ballon d’Alsace a été classé fin 1979 en « Grand Site National » par le Comité Interministériel pour la Qualité de la Vie. Le Ballon ne disposant alors d’aucune protection juridique, a été classé trois ans plus tard en zone protégée par décret du 05.07.1982. Elle s’étend sur 2800ha sur le faîte, ses versants boisés et les trois vallées de la Thur, de la Doller et de la Moselle.
L’activité touristique au Ballon est très intense. L’Hôtel du Sommet, le Restaurant des Démineurs, la Ferme-Auberge, les chalets d’accueil, l’auberge de jeunesse et les magasins souvenir offrent des possibilité de séjour.

LA JUMENTERIE
Henri II, Duc de Lorraine, a monté six étés durant sa jumenterie ducale au Ballon d’Alsace où il a créé un élevage de chevaux à l’endroit dénommé « La Jumenterie », en allemand « Rossboden ». Après la mort du Duc, la Jumenterie devint marcairie et aujourd’hui Centre de Vacances.

MONUMENTS
Non loin de la ferme-auberge du Ballon d’Alsace a été élevé en 1952 le Monument des Démineurs à la mémoire des 600 victimes du déminage. Il est l’œuvre du sculpteur parisien Joseph Rivière. De l’autre coté de la route, un musée de mines, bombes et armes contemporaines a été mis en place en annexe du Restaurant des Démineurs par Gaston Sevrin, un ancien démineur. Ces réalisations rappellent la Libération du Ballon d’Alsace du 25.11.1944 par une unité de la Légion Etrangère, favorisé par le brouillard.
Le SMIBA a aménagé depuis la route deux larges sentiers en concassé qui conduisent au sommet, en remplacement des chemins ravinés par les visiteurs et la pluie, maintenant comblés.
Sur la partie ouest de la calotte du sommet dénudé est élevée, grâce à la générosité de Mr. Marchal, industriel à St. Amé (Vosges), une statue équestre de Jeanne d’Arc qui surplombe la Vallée de la Moselle. Elle a été érigée en symbole de la France à l’Alsace perdue par la guerre de 1870/71. La statue fut inauguré le 19 septembre 1909 en présence de milliers d’alsaciens, belfortains et vosgiens avec le concours de plusieurs musiques de Masevaux, de Giromagny et Niedermorschwihr. A l’opposé, se dresse à l’Est une statue isolé de la vierge qui nous rappelle les dangers de la montagne. Les intempéries et le vent l’ont dégradée et les traits de son visage semblent exprimer de la douleur. Le fermier du Ballon, Joseph Grisward, s’était perdu dans une tempête de neige en 1860 et fit le vœu de faire élever une statue à la Vierge s’il sortait vivant de la terrible épreuve. Sauvé, il réalisa son vœu . Au sommet du Ballon, a 1247m d’altitude, est érigée en fonte une table d’orientation mise en place par le Club Alpin français en1888.

 
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1 Note
Ecrit par: Webmaster Le: 25/11/10