Les Neuweiher

Caractéristiques :

Magnifique parcours de difficulté moyenne
Distance : environ 11 Km
Temps de marche : environ 2h45'
Dénivelé : 250 mètres
Bonnes chaussures conseillées, le parcours étant très rocailleux


Dans les Vosges la douceur ne devient jamais mollesse, elle garde toujours une vigueur tonique. A l'inverse, derrière leur apparente dureté, elles réservent bien des tendresses cachées. Le scintillement de l’eau, les reflets de
la lune et des étoiles dans ces lieux qui étaient très peu fréquentés, ont alimenté les élucubrations
des conteurs et donné naissance à des histoires qu’on se racontait le soir auprès du feu, comme les
légendes tellement belles et tristes de la Dame Blanche dans son char de cristal, du Pâtre Seppala
qui aimait Marie, la fille du fermier, et de l’enfant qui courut après une étoile. Tous tombèrent
dans le Sternsee dominé par le Seehorn et reposent au fond du lac. Je vous les raconte ci-dessous.


1999 - Léon NATTER



Descriptif de l'itinéraire :



Départ au parking du vallon d’Ermensbach, alt. 540m. Nous mettons 16’ pour remonter la route du hameau. A notre droite, la chapelle « Notre Dame du Perpétuel Secours « de 1840. Au carrefour du haut nous entrons dans la rue des Neuweiher, chevalet jaune, et suivons le Neuweiherbach. 200m à gauche, une fontaine et une passerelle du sentier menant au Gresson pardessus le ruisseau. Encore 300m et c’est la fin du macadam. Nous entamons la montée aux Neuweiher sur une ancienne trace de chemin dénommé « chemin des pierres ». Il est effectivement empierré de rochers, plaques et galets.
Etroit et encastré dans une hêtraie- sapinière dense, il est bordé à gauche, sur tout son parcours, d’un mur de pierres sèches. Il fut aménagé par Joseph Vogt au siècle dernier pour la recherche minière.

Nous aurons marché une demi-heure. La montée s’accentue. Un petit ruisseau descend de la montagne pour se jeter à notre gauche dans le Neuweiherbach dont nous percevons à nouveau son murmure. Après environ 4km depuis le départ, le chemin devient sentier sur une centaine de mètres. Un panneau à notre droite indique la direction des lacs. Le chemin très rocailleux refait surface et il faudra redoubler de prudence dans notre marche. Encore un petit ruisseau à notre droite, un rocher lisse et strié par le glacier à gauche et 5’ plus loin le murmure du Neuweiherbach en contrebas devient plus intense. Les lieux deviennent plus sauvages. La première barre rocheuse pardessus laquelle saute le ruisseau en petites cascades se précise. Les lacs ne sont plus loin. Le chemin, de plus en plus mauvais, rejoint 100m devant nous le sentier disque bleu qui monte aux lacs depuis la Rue des Mines. Nous le prendrons pour la descente. Devant nous se dresse une falaise droit comme un mur. Nous continuons à gauche pardessus un petit pont en béton. Le sentier est étroit et très rocheux. A notre gauche, une roche lisse et strié par le glacier retient notre attention. Puis le sentier devient agréable, mais seulement sur une trentaine de mètres. Nous enjambons le Neuweiherbach sur une passerelle métallique munie d’une rampe et atteignons le petit Neuweiher. Nous le longerons sur un sentier tourmenté, sauvage, tordu et rocheux, avec des racines superficielles, dans une forêt de feuillus et de résineux. Faudra avancer avec prudence pour éviter entorses et autres pépins. Encore 7’ et nous sommes sur la digue du Grand-Neuweiher après avoir franchi la deuxième barre rocheuse et marché 1h20mn avec environ 5,4km. Un portique d’information placé sur la digue nous donne toutes les
explications sur les caractéristiques du site.

L’auberge-refuge du CV situé sur une presqu’il rocheuse est atteinte en 5’. Des bancs et des tables installés sur une terrasse nous invitent à un repos bien mérité .Nous nous arrêtons quelque temps dans cette oasis de tranquillité qui nous fait rêver et nous incite à méditer sur les mystères qui entourent ces lieux. Nous pourrons nous désaltérer au refuge ou flâner au bord de l’eau. Aux amateurs de grimpette, je fais remarquer qu’il y a maintenant, depuis fort peu, possibilité de faire le tour du lac, anneau rouge, en une petite heure au départ de la digue, direction Sternsee. Il permet de découvrir le site des Neuweiher sous plusieurs angles avec de magnifiques vues panoramiques. Si la météo est bonne, une rallonge peut être envisagée. Les premières 20mn seront un peu dures ; ensuite ce sera plus facile.

Pour le retour, nous nous engageons dans le sentier de montée, mais seulement jusqu’à la jonction avec le chemin des pierres puisque nous restons sur notre sentier balisé disque bleu. La descente continue droit devant dans le Riesenwald. D’abord une petite butte avec à notre gauche une paroi rocheuse verticale. Bien que le sentier devient plus accueillant, il nous faudra garder l’oeil ouvert pour ne pas trébucher sur les roches qui émergent tout au long du parcours.

Après avoir cahoté pendant 10mn depuis le Chemin des Pierres et parcouru env. 2km depuis le départ, nous passons un ruisseau descendant à gauche du Hinter Wald, sur une passerelle métallique munie d’une rampe, mise en place par le CVW le 01.11.1996. L’ancien pont en rondins qui a rendu l’âme gît dans le ruisseau. Encore 12mn et nous traversons une forêt coupée à blanc. La vue largement dégagée nous fait découvrir à notre droite la ferme-auberge du Moyen-Gresson. Nous avons hâte de marcher sur le sol dénudé et pierreux pour retrouver 5mn plus loin la belle forêt du Riesenwald et, très vite, le chemin forestier qui descend à notre gauche du Hinter Wald du Gustiberg de la Moyenne Bers.

Après 12mn de descente du chemin forestier nous entrons à notre droite dans un beau sentier qui nous sort de la forêt après 5mn, à hauteur des premières maisons d’Ermensbach. Nous remarquons surtout une belle propriété avec piscine et le Gîte Rural du Margueritahof avec la curieuse inscription sur le pignon : Dieses Haus ist mein und doch nicht mein, ich bin nur Gast auf Erde. Der nach mir kommt, es ist auch sein, auch er kann Gast nur werden. Encore un quart d’heure de route et nous sommes de retour au parking après avoir marché, tour du lac non compris, environ 5km depuis le Grand-Neuweiher et 11km au total.

Présentation



Présentation :



Caractéristiques :

Vue sur les 2 lacs des Neuweiher


Les Neuweiher sont deux lacs artificiels très pittoresques nichés au fond de la vallée de la Doller, au coeur des Vosges du Sud dans le massif du Ballon d’Alsace-Rossberg, en dessous des chaumes de la Haute Bers. Cette région, difficilement accessible et sauvage, n’est guère troublée que par des randonneurs qui ne s’y rendent qu’à pieds.

Ils comprennent le Grand-Neuweiher à 826m d’altitude avec 4ha5O, d’une profondeur de 12,40m derrière une digue de 80m et d’une capacité de 400 000m3, et le Petit-Neuweiher en contrebas à 821m d’altitude avec 1ha, d’une profondeur de 4,50m derrière une digue de 50m et d’une capacité de 40 000m3.

Les Neuweiher occupent des dépressions à l’amont de deux barres rocheuses qui sont des verrous glaciaires sur lesquels l’homme a aménagé au 16e siècle des barrages de retenue pour relever le niveau des eaux en vue de l’alimentation des forges, puis des usines textiles installées dans la vallée, jusqu’en 1960.

LE GRAND-NEUWEIHER avec ses criques découpées dans un cirque farouche de bois sombres, de rochers disséminés au hasard de blocs erratiques et d’éboulis, est un havre de paix. Nous nous laisserons investir par le charme de cette oasis. S’il fait beau, nous pourrons nous reposer sur la terrasse du refuge du CV de Masevaux et nous désaltérer, tout en contemplant les eaux noires et veloutées du lac que caressera le soleil matinal. Vous pouvez aussi vous imaginer l’ambiance qui à dû régner aux abords du lac lors de joyeuses fêtes nautiques que le CVM organisa en août 1928 et dans les années qui suivirent. De nombreux stands et buffets étaient alors montés sur la terrasse et la digue.

En face, dans le flanc abrupt et décharné du Joppelberg, monte le sentier très raide qui débouche sur la chaume de la Moyenne Bers pour rejoindre en 1h15' le Sternsee par le Krappenfels et qui fait également la jonction avec celui qui fait le tour du lac. Le Sternsee (traduction littérale : Lac des Etoiles) se nommait jadis Darensee et porte aujourd’hui improprement le nom de Lac des Perches, appellation due à une erreur commise par le cartographe qui traduisit par « Lac des Perches » le terme local de « Lac des Bers ».

Le PETIT-NEUWEIHER, quatre fois moins grand que celui supérieur, est bien plus mystérieux et secret que le Grand-Neuweiher et complètement isolé par la forêt. C’est un ermite de la montagne. Il se dissimule derrière une longue croupe de rochers gris clair émergeant des buissons et des arbres qui se termine assez sournoisement par une série de ressauts, de glacis et de falaises pour finir au bord du torrent qui cascade et bouillonne avec entrain après son échappé du lac. Il préserve son intimité par des berges d’accès malaisé. Mais, dans sa solitude, c’est un merveilleux magicien de couleurs avec des coloris variés et sans cesse renouvelés de noirs, de verts d’ocres et de mauves.

Les cuvettes des Neuweiher et du Sternsee sont dominées par les chaumes de la Bers situées à une altitude entre 800 et 1250m, comprenant la Basse Bers, la Moyenne Bers et la Haute Bers. Les chaumes voisines sont celles du Gazon Rouge et du Gazon Vert au nord et du Gresson (Kratzen) au sud qui comprend le Gresson-Bas, le Gresson-Moyen et le Gresson-Haut. Les fermes du Haut, sinistrées par le feu, n’ont plus été reconstruites. Quand aux autres, celles difficilement accessibles, ont été abandonnées. Sont encore exploitées : la ferme-auberge du Moyen-Gressonet et la ferme du Bas-Gresson.

Historique



Historique :



Les chaumes du Gresson et de la Bers sont déjà citées en l’an 823. Des immigrés suédois et germaniques s’établirent dans ce site comme charbonniers d’où le nom de Col des Charbonniers tout proche. Toute la région appartenait alors à l’Abbaye de Masevaux. Un chemin reliait la vallée à Saint-Maurice dans les Vosges par le Gresson et le Col des Charbonniers à la fin du 15ème siècle. Pour son entretien, l’Empereur Maximilien 1er accorda à la ville de Masevaux un droit de péage. Les pâturages furent loués par l’Abbaye aux habitants de Dolleren et d’Oberbruck pour 50 ans le 18.06.1587. Pour ce qui est des lacs, L’Abbaye louait les droits d’eau aux Forges et Taillanderies de la Vallée de Masevaux gérées par la famille d’Anthès. Au début du 18ème siècle, Jean Henri d’Anthès fit relever les niveaux des lacs par des digues.

Le 25.10.1778 la plupart des vallées vosgiennes furent ravagées par une violente crue de leurs rivières. Les digues des Neuweiher qui n’étaient soutenues que par de la maçonnerie sèche, étaient tellement dégradées qu’elles menaçaient de se rompre. L’Intendant d’Alsace à Ensisheim ordonnait alors leur réparation et consolidation aux frais du Chapitre de Masevaux. L’Abbaye n’étant parvenue à effectuer les réparations dans les cinq années qui suivirent, se vit obligée d’assécher et de réduire les Neuweiher en prairies. Une ferme fut implantée à l’emplacement du grand lac.

Les NEUWEIHER furent confisqués par la Révolution au profit de l’Etat et vendus aux enchères le 08.05.1792 à Thiébaut Strohmeyer de Burnhaupt-le-Haut. Toutefois, suspecté par les citoyens d’Ermenspach et de Rimbach d’être un homme de paille de la famille de Rosen, propriétaire de la forge d’Oberbruck, le Directoire du Haut-Rhin annula l’adjudication. En fin de compte, la famille de Rosen-d’Argenson put acquérir les lacs asséchés et les réaménager en réservoir en 1810. Le 11
janvier 1855 la Comtesse de l’Aigle, une descendante de la famille de Rosen, vendit tous ses biens à Oberbruck, entre autres, les NEUWEIHER, à Joseph Zeller, manufacturier. Ce dernier fit surélever en 1858 la digue de l’étang supérieur de 4 à 12m. Il fit véhiculer l’eau dans son usine 800m plus bas par une conduite de 0,90m de diamètre. Un employé dû monter au lac six jours sur sept à deux heures du matin pour ouvrir la vanne et la refermer en début d’après-midi. Les Zeller ont vendu les lacs au Département du Haut-Rhin en 1965, lequel fit classer l’ensemble du massif en zone de silence.

Quand aux forêts entourant les lacs, propriété de l’Abbaye de Masevaux, elles furent également confisquées par la révolution au profit de l’Etat et vendues au 19ème siècle à l’industriel Bian de Sentheim. Sa succession fut recueillie par sa petite fille Mlle. de Franqueville, une femme très moderne pour son époque. Elle portait des pantalons et pilotait des avions et des voitures de courses. Elle exploitait personnellement ses forêt qui s’étendaient du Haut Gresson à la haute Bers et mit en place un funiculaire pour le transport du bois. Elle géra tellement bien son patrimoine qu’elle se ruina. Elle vendit son vaste ensemble dans les années 1930. Par la suite, les forêts furent acquises par Me. Gullung, notaire à Hirsingue.

Le territoire de la Haute Bers avec 214ha 40a 96ca a été acheté par le Ministère de la Défenses en vue d’y créer un aire d’exercices en 1979. L’Armée revendit ce territoire aux Communes de Rimbach, d’Oberbruck et de Sewen qui avaient fait des mains et des pieds pour son acquisition. Finalement, les Communes concernées cédèrent la Haute Bers à l’Association Départementale du Tourisme du Haut-Rhin le 16 mai 1994. Cette même association dénommée A.D.T qui avait déjà acquis en 1987 la belle forêt du Riesenwald avec 155ha possède actuellement dans ce site exceptionnel 557ha dans le but de les maintenir ouverts au public, et, en ce qui concerne les forêts, d’en empêcher l’exploitation intempestive préjudiciable à leur conservation, en vue de développer dans la Vallée de la Doller un tourisme montagnard de qualité.

Contes du Sternsee



Les Contes du Sternsee (Lac des Perches) :




1- Une nuit, un enfant contemplait le ciel étoilé et vit se détacher une étoile qui disparut dans le cirque escarpé du lac. Il voulut la retrouver et courut à travers bois, escaladant les rocs, enjambant les ruisseaux et arriva au bord du lac. O merveilles ! Les eaux sombres du Sternsee scintillaient de milles lumières. Son fonds apparut constellé d’étoiles. L’une d’entre elles, plus grande et plus belle, l’attira. Il l’a reconnue et la désira. Il tendit ses bras vers elle, mais tomba dans les eaux profondes et se noya. Depuis, le lac s’appelle Sternsee (Lac des Etoiles).

----------=oOo=----------



2-La Déesse Fricka (dite la Dame Blanche) avait l’habitude de se déplacer dans le ciel sur un char de cristal aux roues chevillées par sept clous d’argent. Belle séduisante, elle se fit courtiser par un mage, mais elle l’éconduit. Vexé, il décida de se venger et une nuit où le char passa au dessus du Sternsee, il l’arrêta en fixant les sept clous d’argent dans le ciel pour former le grand et le petit chariot. Fricka et son char tombèrent dans le lac et ne purent ressortir. Pourtant, une nuit où le temps était particulièrement beau, elle vit les chariots d’argent et les appela. Ils redescendirent, reconstituèrent les moyeux des roues et le char remonta en sortant de l’eau dans une magnifique gerbe. Mais le Sortilège tenait toujours et les clous d’argent se détachèrent à nouveau pour aller se planter dans le ciel. Et le char sombra derechef. Depuis, la Dame Blanche vit désespérée au fond du lac.

----------=oOo=----------



3- Le pâtre Seppàlà aimait Marie, la fille de son maître, un riche fermier qui refusa cette mésalliance. Marie décida de s’en aller mourir parmi les étoiles du lac et demanda à l’élu de son coeur de l’y rejoindre. Chassé par son maître, le malheureux pâtre s’en fut au lac un soir de mai. S’étant assoupi, il vit en rêve Marie qui lui tendait les bras, les yeux brillants tels des étoiles. Toujours endormi, il se leva et reconnut les yeux de sa bien-aimée. Il disparut dans le lac sans même se réveiller. Au même moment, Marie, alitée, saisie d’une fièvre mortelle, rendait l’âme dans son lit, un sourire aux lèvres ; elle avait rejoint son amour au rendez-vous du lac.

----------=oOo=----------



Plan du parcours